Verset Communautaire

 

« Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ lui-même vous a accueillis »

( Romains 15,7a )

 

Pourquoi avez vous ainsi peur ? Comment vous n’avez point de foi ? Lectures bibliques Esaïe 51,9-16 Marc 4,35-41 2 Corinthiens 1,8-11

Culte à Ermont
Dimanche 30 janvier 2011 
Pasteur Daniel CASSOU
 

Lectures bibliques :
Esaïe 51, 9-16
Marc 4,35-41
2 Corinthiens 1, 8-11

Pourquoi avez vous ainsi peur ?
Comment vous n’avez point de foi ?

Une barque, des hommes en péril, une mer menaçante, il n’en faut pas plus pour que la puissance de Dieu se manifeste dans ce nouvel acte de Jésus. Mais à quoi servent tous ces miracles rapportés par les évangiles : à démontrer au monde que notre Dieu est le bon, le plus fort. A gagner plus de gens à notre cause ? Si tel était le cas, le christianisme, serait pur idolâtrie, semblable à toutes ces religions idolâtres qui ne reposent que sur du visuel, du spectaculaire. D’ailleurs le miracle de la tempête apaisée, effraye plus les disciples qu’il ne galvanise leur foi.
Non, la foi ne repose pas sur un miracle aussi gigantesque soit-il, mais sur la proclamation de la Bonne Nouvelle, c’est à dire une parole libératrice : Jésus-Christ mort et ressuscité : l'événement central de la foi, n’est ni une tempête apaisée, ni la multiplication des pains, ni même la résurrection de Lazare, mais la croix du Christ plantée dans notre terre, au cœur de nos vies.

Revenons à notre texte de ce matin. Jésus est là avec ses disciples et désire se retirer de l’autre coté, un événement anodin mais va revêtir une signification particulière, une mise à l’épreuve pour les disciples un test pour leur foi. Survient un coup de vent, la mer devient houleuse et menaçante. Le sommeil, relativement confortable, sur un coussin tranche ironiquement avec l’agitation des eaux et surtout avec celle des disciples. Jésus dort comme Jonas dans la tempête. Ce sommeil incroyable et provocateur n’est-il pas le signe du sommeil de Dieu ? Les théologiens modernes diraient de la mort de Dieu ? Oui, ce texte semble marquer l’absence de Dieu lui-même !
La crainte, l’animosité des disciples va ramener Jésus à la surface, et traduit toute l’impuissance humaine, la fragilité et la faiblesse spirituelle. Dans la tempête, si Jésus dort, les disciples désespèrent. Jésus réveillé menace le vent et il parle à la mer, comme Dieu, il parle directement. Comme Dieu avait menacé la mer pour y conduire son peuple, Jésus menace pour guider ses disciples. Il réduit au silence, les éléments naturels. Quel est celui-ci pour que le vent et la mer lui obéissent ? Les disciples ne tirent pas de conclusion sur ce qu’ils ont vu, mais s’étonnent et s’interrogent sur l’identité de cet homme quoi de plus naturel ? Nous, nous savons qui il est ? Eux pas encore ? Ils n’ont pas vécu les événements décisifs, qui leur ouvrira les yeux et le cœur sur le chemin d’Emmaüs, la question christologique ici posée est plus logique. Ils ont encore tout à apprendre sur la foi, la puissance de Dieu. Ils agissent comme nous aurions agi dans la même crainte, leur admiration vers la personne humaine de Jésus plutôt que de se tourner vers le Père, dont Jésus n’est que l’humble serviteur, et nous sommes appelés à être des serviteurs inutiles. Les miracles concernant la nature embarrassent et intriguent. On juge souvent ces récits de magiques parfois inutile et gênants; Ils ont une valeur théologique indiscutable, car la venue du règne de Dieu, dans la personne de Jésus n’est rien d’autre que le renouvellement de toutes chose. Ceux sont les prémices des nouveaux cieux et de la nouvelle terre.

Quelles sont les peurs qui nous paralysent au point de croire que notre vie est remise en cause ? Quels sont les tempêtes que nous vivons dans la solitude de nos barques ?
La peur est un fil rouge dans l’évangile de Marc, la peur d’être abandonné, peur de perdre le contrôle, peur de ne pouvoir y arrivé, peur que nos vies n’aient aucun sens.
Déposer les peurs, tourner notre regard vers Dieu, tel est l’enseignement de Jésus pour nous encore aujourd’hui,
Les angoisses de notre monde sont bien réelles : Tunisie, Egypte, proche Orient, Médiator,
La vraie crainte, celle qui est inévitable, ne naît pas d’un acte spectaculaire, déroutant, mais surgit en face de la croix, qui nous révèle un dieu véritablement humain, fragile et désarmé. Non, les miracles de Jésus Christ n’appartiennent au registre de la magie; La clé de leur interprétation nous est donnée par la résurrection de Jésus-Christ, objet de la foi et non de la vue. Parce que Jésus Christ a définitivement vaincue la mort, notre barque n’est pas en danger sur l’océan tumultueux de la vie, malgré nos peurs réelles et son sommeil apparent, nous savons qu’il tient la barre.

Se reposer en Christ, c’est attester que nos vies sont orientées par le Seigneur lui même, avec sa complicité nous sommes appelés à nous dépouiller de nos masques qui veulent prouver notre activisme. Soyons d’abord nous-mêmes pour vivre sans orgueil, ni hypocrisie la promesse que Dieu nous adresse. Une Église vivante n’est pas forcement une communauté qui fait énormément de choses, mais prioritairement qui se place ses activités avec conviction sous la volonté de son Seigneur. A nous de purifier nos actes et nos témoignages pour repartir en mission et revenir auprès du Berger pour se reposer véritablement. Lui seul est le maître de la moisson, mais aussi de la mission qu’il nous confie.

Ainsi ne redoutons pas la tempête qui peut nous assiéger, ne craignons pas les coups de vent. Le plus grand risque ne réside pas dans ses tornades, mais dans la faiblesse de la foi. Cette parabole est un appel à la confiance en Jésus Christ. Que notre foi devienne un signe d’espérance et de paix dans notre monde agité. Vivons, témoignons d’une foi, enracinée dans la Parole, d’une foi qui résiste aux tempêtes humaines, car elle a pour capitaine Jésus Christ, mort et ressuscité. A chacun d’entre vous bonne route sur le chemin de la vie.
Amen

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